Copyright Andrée Ulrich 2015

Comment allez-vous vraiment, madame et monsieur Client(e)?

SAMSUNGJ’avais dans mon collimateur cet article depuis un certain temps.  Comme un murmure en arrière-plan.  Et la vie s’est arrangé  pour que je l’écrive.   Et comme on dit souvent, « y’a rien qu’y’arrive pour rien ».

(Le titre de mon article est un clin d’œil à celui, récent, de mon amie, collègue et (très bonne) coach Christine Lecavalier, intitulé:    Comment ça va…vraiment?  A lire, pour réfléchir, pour s’inspirer, pour se questionner).

Ceux qui me lisent savent que je m’assure dernièrement de souligner les bons coups des gens que je croise sur ma route en tant que cliente.  Quand ça se produit, j’appelle ça un Bel élan de service.   Et depuis que j’ai débuté cet exercice, j’ai remarqué plein de belles situations positives de service…Jusqu’à ce que je vive un mal de dos, rien de dramatique, mais assez limitatif.  Et quiconque ayant vécu un mal de dos sait jusqu’à quel point ça prend de la place.

Je m’étais engagée à souligner régulièrement ces bons coups.  Mon idée étant de rétablir un équilibre entre les histoires négatives, dont on parle davantage et dont on se souvient le plus, versus celles, beaucoup plus courantes, qui répondent à nos besoins et nos attentes, ou, encore mieux, qui nous surprennent et nous séduisent…

Après deux semaines de mal de dos, je me suis assise  à l’ordi pour écrire un article de blogue sur le sujet.  Niet! Rien! aucun exemple, aucune idée, rien de positif ne me venait.  Et ça m’a frappé…Parce que c’est une évidence, une vraie, mais qu’on l’oublie:  l’évaluation de la qualité de l’expérience client passe par différents canaux, mais passe définitivement, principalement, toujours par le client.  Sa perception.  Influencée par son état.  État moral, état financier, état physique.  Positif ou négatif, c’est le client qui décide.

Comme je suis issue de l’industrie touristique, je dis souvent que le client transporte ses bagages…et son bagage.  Partout où il va.   Il évalue aussi ce qui se passe à travers ses lunettes:  des lunettes-soleil?  des lunettes roses?  des lunettes miroir?  Ou encore, le refus de mettre des lunettes pour bien voir?  Résultat: chaque client vit sa propre expérience client, et un paquet de grandes (et petites choses) vont l’influencer.  Des choses dont nous n’avons pas nécessairement conscience quand nous accueillons ou transigeons avec ce client.   Comme un mal de dos.

(Je pense à Amanda Gore, une conférencière australienne dynamique qui parle de porter des lunettes de gratitude.  Le client, lui, ne sait probablement pas qu’il en a besoin!  Si vous êtes à l’aise dans la langue de Shakespeare (avec un petit accent de Crocodile Dundee), regardez ce vidéo!  )

Je me suis arrêtée et j’ai revu les interactions que j’avais eues avec des prestataires de service.   Et force est d’admettre que mes expériences étaient teintées de mon lumbago.   Après 30 minutes debout dans la pharmacie, j’avais hâte d’aller à la maison; qu’il y ait une personne devant moi à la caisse qui payait avec sa monnaie, ça m’a rendu grognonne, j’étais moins avenante avec la caissière.  Le panier à l’épicerie à la roue défectueuse qui tournait super mal les coins m’a frustrée.   Et pourquoi les minuteries automatiques étaient-elles localisées tout au fond de la quincaillerie?   Vraiment, mes lunettes étaient teintées d’impatience! Dans l’état où j’étais, c’était bien difficile de me rendre heureuse.

On martèle la tête des employés de première ligne avec des concepts de satisfaction des clients, de fidélisation à tout prix, d’objectifs quantitatifs à atteindre.   Alors que, les meilleurs trucs pour atteindre un niveau de satisfaction intéressant, c’est d’être présent ET à l’écoute du client.  Et de le prendre tel qu’il est.  De comprendre ce qu’il nous dit.   De danser dans le moment.   Avec les outils et les moyens qu’on a.

Je me souviens d’une situation d’insatisfaction que j’ai vécue.   L’entreprise utilisait un slogan dans le genre de :  Avec nous, votre expérience sera exceptionnelle!  Quand, dans le processus de négociation pour régler le problème, j’ai mentionné que mon expérience n’était pas exceptionnelle jusqu’à maintenant, la gestionnaire m’avait répondu que j’avais tort de dire ça!  Essayer de convaincre le client qu’il n’a pas raison de voir cela de cette façon est rarement une bonne approche; il est préférable de faire tout ce que l’on peut pour lui démontrer qu’on est capable de récupérer la situation et trouver une solution qui lui convient et qui permet à l’entreprise d’atteindre ses objectifs.

 

Publié par

andreeeulrich

Conférencière, formatrice et coach dynamique, Andrée Ulrich est une passionnée du service-client et de la gestion des plaintes. Dans ses interactions, elle met l’accent sur des solutions pratiques et sur la créativité des participants. « La réponse se trouve souvent dans le groupe même . Je ne suis là que pour allumer des lumières et guider les participants vers les solutions qu’ils ont déjà. Ma mission : donner un élan! » Elle utilise aussi le coaching visuel et le coaching co-actif afin d’amener les gens vers l’action.