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Le « Je » versus le « Nous » en service

Le « JE »  versus le « Nous » en service.   Quand est-il approprié d’utiliser l’un ou l’autre?   Quand l’employé de première ligne doit-il parler au « je »?  Voici mon petit grain de sel sur le sujet.  Mais tout d’abord, commençons avec une histoire (on aime les histoires).

Dans le cadre d’une formation récente,  les participants faisaient des mises en situation

(parenthèse sur les mises en situation:  souvent, j’entends les gens dire qu’ils ont horreur des mises en situation.  Nous sommes tous d’accord pour dire qu’une « reconstitution historique » d’événements dans un contexte artificiel, tel un salle de conférence, n’est pas représentative de la réalité.  Pas du tout!   Comme je dis souvent, dans la vraie vie, on n’a pas 10 paires de yeux qui nous regardent!  Toutefois, les mises en situation, dans un environnement ouvert et relax, favorisent les échanges et permettent de voir comment les situations se déroulent.  Souvent, il y a de beaux constats (et de belles solutions) qui en découlent.  Fin de la parenthèse)

Donc, dans la mise en situation, la préposée devait refuser la demande du client.  « Je suis désolée, monsieur, mais je ne peux pas aller plus bas que 30$ par mois ».  Et c’est là que le questionnement est apparu sur l’utilisation du « je » dans ce contexte.  Pour la première partie, le « je suis désolée », c’est parfait.   Une personne peut être désolée d’une situation vécue par un client (et idéalement, le ton utilisé démontre une expression sincère de l’empathie).  Mais pour la deuxième:  est-ce la préposée qui décide de ne pas aller plus bas que 30$ ou ce sont les politiques, procédures, modes de fonctionnement de l’organisation?  Ici, c’était clairement dicté dans les procédures.  En échangeant avec les participants, il a été constaté que les clients se « magasinaient » leurs préposés, pensant que certains seraient plus « lousses » que d’autres.   Résultat?   Démarche qui est recommencée auprès d’un autre préposé, perte de temps et d’énergie, frustration qui augmente chez le client, chez le préposé, etc.   Nous avons donc travailler sur la façon de présenter le refus.

Je suggère souvent d’utiliser le « nous » ou encore le nom de l’organisation lorsqu’il s’agit de décisions qui sont reliées à des normes, procédures, politiques, philosophie qui s’appliquent à tous. Et lorsque je dis tous, je veux dire tous les clients ET tous les employés (parce que lorsqu’il y a des employés qui contournent constamment les politiques, il y a un problème (ou deux!):  un problème d’employés récalcitrants et/ou un problème de politique inadéquate.)   Toutefois, il faut présenter le tout de façon positive, et non avec les classiques, plutôt frustrants, tels que:

  • C’est contre notre politique
  • Nous, on ne fait pas ça!
  • C’est impossible, monsieur!

Et le « je » dans tout ça?  En fait, le « je » peut être utilisé pour plusieurs choses:

  • le « je » permet d’exprimer et de personnaliser l’empathie
  • le « je » permet de démontrer comment vous allez donner vie à la politique, procédure, norme en question
  • le « je » permet de préciser le rôle que vous pouvez jouer

« Ok, alors, madame Ulrich, si vous êtes si brillante, comment présente-on une mauvaise nouvelle de façon positive en utilisant le « nous » et le « je » correctement, hein? »    Question posée,  pas tout à fait de cette façon mais pas loin, par un participant.   Ma réponse:  c’est à « vous » de me le dire.   Vous êtes celui ou celle qui connaissez votre contexte de travail, vos clients, les règles à suivre (et celles que vous pouvez transgresser).   Et c’est vraiment ça!

(Note de la rédaction:  ça fait 30 minutes que j’écris des exemples et des réponses, et rien ne me convient!  Pourquoi?   Parce que l’écrire, ce n’est pas comme le dire.  Parce que j’ai besoin d’avoir plusieurs têtes pour avoir la meilleure réponse.  Parce que le premier jet est toujours seulement le premier jet. Parce que je manque d’infos.  )

Mais je peux vous donner des pistes de réflexion, quand même!

  1. Choisissez clairement l’objectif de votre communication.  Quand notre intention est claire, les mots viennent plus facilement.  Est-ce que vous voulez informer, diriger, orienter?   Évitez le piège de vouloir contrôler ou gagner votre point.
  2. Possédez totalement vos modes de fonctionnement.  Connaissez-en les coins et racoins, et posez des questions lorsqu’il y a ambiguïtés.
  3. a) Parlez à votre supérieur immédiat.   b) Supérieur immédiat: Aplanissez les obstacles, favorisez les échanges.
  4. Travaillez en équipe.  Tout le monde doit ramer dans la même direction, et ensemble.
  5. Échangez avec les collègues.   Peut-être que certains d’entre eux ont trouvé des tournures de phrase, des moyens d’expliquer les choses qui sont plus représentatifs de la réalité…et qui fonctionnent.
  6. N’oubliez pas d’inclure l’expression de l’empathie.  En effet, si on parle seulement de procédures, règles, normes, etc., ça fait vraiment froid!
  7. Testez-les et surtout, ajustez-les.
  8. Adaptez-vous.  Vous allez peut-être constater qu’au téléphone, certaines phrases fonctionnent mieux que d’autres.   On encore que selon le client, il y a des variables.

« Je » suis bien contente d’avoir écrit cet article et « j »‘ espère qu’il vous sera utile.  Chez Andrée Ulrich Élan, « nous » avons à coeur d’outiller tous les intervenants en service afin qu’ils vivent dans le bonheur de servir.

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Publié par

andreeeulrich

Conférencière, formatrice et coach dynamique, Andrée Ulrich est une passionnée du service-client et de la gestion des plaintes. Dans ses interactions, elle met l’accent sur des solutions pratiques et sur la créativité des participants. « La réponse se trouve souvent dans le groupe même . Je ne suis là que pour allumer des lumières et guider les participants vers les solutions qu’ils ont déjà. Ma mission : donner un élan! » Elle utilise aussi le coaching visuel et le coaching co-actif afin d’amener les gens vers l’action.