Conférence, conférencier, conférencière…Bien choisir!

En tant que participante à une conférence ou une formation, je suis une « cliente » à la fois facile et difficile.  Cliente facile, parce que face à un conférencier qui, de toutes évidences, s’est préparé mais manque peut-être d’expériences ou de confiance,  je suis bonne joueuse.  Je sais combien ce métier peut être difficile et stressant;  je cherche donc à l’appuyer et à l’aider à se montrer sous son meilleur jour.  Cliente difficile, parce que, selon moi, la prise de parole en public est un privilège et qu’on ne peut se permettre de dire ou faire n’importe quoi.  Les auditeurs ont souvent tendance à suivre aveuglément un orateur, surtout s’il est moindrement connu.   Je peux difficilement tolérer l’absence de profondeur, les phrases vides de sens,  le « vol » de contenus ou les préjugés ou idées préconçues. Quand ça se produit, ça m’insulte!  Oui, ça m’insulte!  Je gagne ma vie (enfin, j’essaie de gagner ma vie) en donnant des conférences et des formations de qualité.  Je travaille fort à avoir des contenus logiques, utiles, qui tiennent la route et qui aident les gens.  Je travaille de façon intègre et professionnelle.  Je refuse des contrats si je sens que je ne maîtrise pas suffisamment le sujet, que je n’ai pas l’expertise nécessaire pour avoir un impact approprié ou que je ne suis pas familière avec le contexte des participants.

Après avoir assisté à une conférence, comment dire,  absolument nulle,  j’ai récemment fait une montée de lait.  C’était sexiste, vide, mal organisé, narcissique, et j’en passe.  Mon ami Philippe-André a sorti une phrase importante:  Les incompétents, les superficiels, les sprinklers ne durent pas!  Les sprinklers:  j’aime tellement l’image.   On éclabousse, on en met plein la vue, on tourne vite, vite, vite, on étourdit, mais au bout du compte, y’a juste le gazon qui est mouillé.   Mais je dois reconnaître qu’il y a des sprinklers qui gagnent pas mal mieux leur vie que moi…Le chroniqueur Richard Martineau y est allé récemment d’une colonne assez acerbe sur le sujet  (Comment devenir conférencier).

anton via wikimedia commons
anton via wikimedia commons

Une de mes clientes me disait souvent:  « Quand je signe un contrat pour une formation, je me pose toujours la question:   est-ce que mon nom ou cette formation pourrait se retrouver sur la page frontispice du journal? »  Comme dernièrement dans le Journal de Montréal (Les cadres scolaires vont en rire un coup).   Une bonne question à se poser, en effet.  D’ailleurs, je suis toujours tellement étonnée qu’on soit prêt à m’engager sans même avoir une idée du contenu que je donne!   Mes sujets sont très importants pour les entreprises;  quand on parle de service-client et de gestion des plaintes,  on parle de l’image de l’organisation.   Mes clients cherchent souvent la solution magique, et « une p’tite conférence, ça va régler le problème! ».  D’ailleurs, je constate que, lorsque je pose des questions (et j’en pose de plus en plus) et que j’explique l’impact que mon contenu peut avoir (exemple:  vos employés vont peut-être constater qu’ils ont besoin de plus d’information, ou de supervision, ou d’outils, etc.),  ou encore que je présente ses limites (c’est chaque individu qui décidera, ou non, d’utiliser les conseils et trucs que je vais lui donner) j’entends souvent, comme dans les dessins animés, un son de criquet.  Et je sais, à cet instant, que ce client n’est pas un bon match pour mes services.

 

Alors, quand vient le temps de choisir une conférence:

1. Répondez aux questions pertinentes du conférencier

On parle ici de questions utiles, au-delà du tarif, le lieu et si le repas est inclus.  Selon moi, un bon conférencier (ou son représentant) devrait s’intéresser aux objectifs de la conférence, au contexte, aux participants, au programme général, etc.   Déjà, s’il ne pose pas de questions, je pense que vous devriez vous en poser…

2. Posez des questions…et exigez des réponses

Allez-y, demandez des détails sur le contenu, les adaptations qu’il/elle apportera, des références, un sommaire, etc.  Un professionnel n’aura pas de difficulté à partager son expérience et ses compétences, afin que vous fassiez un choix éclairé.

Mon intégrité me coûte cher: je serais peut-être déjà millionnaire, sinon.  Mais au moins, je dors la nuit.